mercredi 4 avril 2007

Illusions groove-poétiques

Ahhh !!! J'ai déjà perdu mon pari !!!
J'ai pas écris hier alors qu'on décollait enfin des 3 visites !!
Enfin, en même temps je m'en fout.
Sinon, j'écrirai dans les Inrocks.

Bref, 4ème découverte qui m'a scotché ce mois-ci, l'album de Jamika,
"Helium Balloon Illusions" (Yotanka / Discograph).

Jamika, c'est la chanteuse du groupe dub Zenzile. Mère chanteuse dans une chorale baptiste, père amateur d' Isaac Hayes et des Last Poets, elle a grandi dans la Central Division, entre Saint-Louis et Chicago. Sur scène, on dirait une punk en mode renoi. Sur disque, elle flotte quelque part entre Bjork, Ursula Rucker où la jazzgirl Mina Agossi.

"Helium Balloon Illusions" est un album d'athmosphères plus qu'un album de mélodies. Malgré un petit coté répétitif, il révèle un vrai univers.

Ecouter le morceau qui ouvre l'album, "Shanti Lift".

lundi 2 avril 2007

Still Moon

S'il y a bien un groupe dont j'ai toujours kiffé le nom, c'est Aka Moon.
"Aka Moon". Mystique, graphique.
Un peu comme "Dune", "Tangerine",
"Samarkand". Le genre de nom qui donne envie de fermer les yeux et de voyager très loin.

Je pourrai parler d'Aka Moon comme d'un trio jazz contemporain sax + basse + batterie venu de Belgique, et qui nous distille depuis une vingtaine d'années des albums où les grooves les plus complexes croisent les musiques du monde. Citer les blazes de Fabrizio Cassol au sax, quelque part entre Steve Coleman et lui-même, de Michel Hatzigeorgiou et ses lignes de basse plus puissantes les une que les autres, et du batteur Stéphane Galland, qui doit être un des trois meilleurs batteurs, aller, du monde.
Je préfère fermer les yeux, et kiffer le morceaux titre qui ouvre leur dernier album, "Amazir". Ecouter ici.]

dimanche 1 avril 2007

Chaos, KO, et groove

Yé, pouasson d'avril !!! !!!

[ NDR : je me fais rire tout seul, c'est pathétique. Il faut dire que je viens de me farcir le disque ci-contre : "La Théorie du KO". Le pitch : mettre ensemble cinq mecs qui font du groove, du free où de la fusion avec monsieur le slameur D' de Kabal. Refermer la porte du studio. Revenir quelques temps plus tard et publier toutes les bandes. Ca donne un double album où les morceaux durent en moyenne 15 minutes, avec des perles comme "la Verve", "Mon Disque", "l'Homme sans nom", et des moments moins inspirés, comme "Acouphènes persistants". Sur le myspace du projet ils qualifient ce double-cd d'impro vocale et musicale d'"Afro-Noise". Pourquoi pas ? On peut aussi y voir un mix de 3 théories : la théorie du KO pour les textes (D' de Kabal est très bon, même avec sa voix de Dark Vador). La Théorie du Chaos pour la musique - le guitariste Marc Ducret pourrait quand même lacher la saturation de temps à autre - parfois c'est surper lourd. Et enfin, la Théorie du Groove, aka. la paire rythmique basse batterie Professor K - Alix Ewandé. Acquatiques, bounce, ils sont excellents du début à la fin. Pour preuve, le morceau "Mon Disque". Ecouter ici.]

samedi 31 mars 2007

Funky J Dilla

Ok ok, ce mois-ci j'étais vraiment à la bourre, désolé pour les 200 000 lecteurs quotidiens de cette page [NDR : au moins] ...

Bref, pour me faire pardonner (et surtout me prouver à moi-même que je ne suis pas définitivement lost), je compte mettre tous les jours jusqu'à dimanche un morceau qui m'a fait kiffé, ou supris, où vénèr, etc.

On commence par une belle surprise, le nouvel album du pianiste de jazz français Eric Legnini. D'abord, il s'appelle "Big Boogaloo", un nom qui n'évoque que le meilleur ;-) Ensuite, il a eu la bonne idée de faire appel au saxophoniste Julien Lourau sur le morceau-titre, au trmpettiste Stéphane Belmondo sur le standard de Donny Hathaway "Where Is The Love".

Et puis, il y a "Funky Dilla", morceau en trio qui ouvre l'album. Hommage à Jay Dee de la part d'un jazzman français. Surprenant et excellent.
Ecouter Eric Legnini trio, "Funky Dilla" ("Big Boogaloo", Label Bleu / Harmonia Mundi)

jeudi 1 mars 2007

Sonny Rollins et New-York

Qu'a fait Sonny Rollins le 11 septembre ?
Il a pris son sax, puis il est monté est monté sur le toit de son immeuble, dans Financial District. La suite, il le dit lui-même :

"J'ai joué. C'était ridicule. Je me suis envoyé plein de fumée toxique."

Sonny Rollins est une légende vivante de la musique afro-américaine. C'est aussi le plus new-yorkais des jazzmen, né en 1930 à Harlem dans une famille antillaise originaire des Iles Vierges.

Je vous propose d'écouter the boss sur "Now's the Time", version Impulse 1964 feat. Herbie Hancock au piano. cliquez ici

Peace.

PS : La citation est extraite de la nouvelle-nouvelle formule de Vibrations (pas si mal d'ailleurs).

mardi 13 février 2007

Sois-ton propre boss ! feat. Jay-Z

Un chiffre intéressant dans les pages "emploi" du Libération de Lundi : plus d'un tiers des créateurs d'entreprises en France sont des demandeurs d'emploi. Traduction : une nouvelle entreprise sur trois a été crée par un chômeur. Un mec dans la dèche, quoi.
Une citation pertinente ouvre d'ailleurs cet article : "chômeurs, créez votre entreprise !" (1978, Raymond Barre, premier ministre).

Ce qui me fait penser à Jay-Z. Pourquoi ? Parce que dans le ghetto, créer son business dans le rap, c'est le moyen ex-aequo avec le sport et les gangs pour se faire de la thune.

Et a ce jeux-là, Shawn Carter aka. Jay-Z les a tous niqués.

Petit mec de Brooklyn parmi d'autres, Jay-Z/Hova/Jigga a commencé dans le rap par fonder son propre label, Roc-A-Fella, puis la marque de fringues qui allait avec, Rocawear. Puis, de business en business, il a racheté le label historique Def Jam, et enfin l'équipe de basketball des New Jersey Nets, pour laquelle il est en train de construite un multiplexe... à Brooklyn.
Aujourd'hui, son compte en banque est estimé à 320 millions de dollars, et sa petite copine s'appelle Beyoncé.

Allez, pour trouver un peu d'inspiration, je vous propose d'écouter "Lost One", extrait du dernier album de l'empereur de Brooklyn, "Kingdom Come" cliquez ici

samedi 10 février 2007

Triksta : plongée dans le rap de la Nouvelle-Orléans

Le bounce. Inconnu en France, c'est le nom du rap en provenance de la Nouvelle-Orléans. Caractéristique : un beat décalé, le « Triggerman », mélange entre le rythme chaloupé des brass-bands et celui du hip-hop. Thème de prédilection : le sexe. Proche, dans l'esprit, du Dirty South, le représentant le plus célèbre du bounce est Juvenile.
Mais à N.O, sa légende s'appelle Soulja Slim.

A soixante ans passés, Nik Cohn (inventeur de la critique rock) a décidé d'explorer l'univers du rap de la Nouvelle-Orléans, une ville qui l'obsède depuis toujours. Le résultat, "Triksta", vient d'être traduit en France.
Ghettos d'avant-Katrina, obsession des niggaz pour l'argent et cynisme des majors qui vendent à prix d'or le « Niggaworld » à une jeunesse blanche à l'abri des balles, Nik Cohn nous raconte aussi la vie des héros maudits du bounce, tel Soulja Slim, abattu devant chez lui à 26 ans.

Je vous propose d'écouter « Soulja 4 Life », titre légendaire de Soulja Slim enregistré alors qu'il avait 14 ans. Cliquez ici

A lire : Nik Cohn, Triksta (éd. De l'Olivier)